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Jeune protecteur de l’environnement, JUDICAËL DEGUE

Judicaël en action environnementale
Judicaël en action environnementale

Inspiré par les artistes finlandaises Nanna Susi et Sakari Kannosto, le jeune grand-popolais Judicaël DEGUE rêve de sauver la planète Terre.

Texte: Blanchard DJOSSOU

Récit de Judicaël DEGUE transcrit par O. Blanchard DJOSSOU, Grand-popo MAI 2014

Je m’appelle DEGUE Judicaël, j’ai 14 ans et j’habite HOUNSOUKOUÈ-PLAGE dans l’arrondissement de Grand-popo Centre. Né dans une famille de 4 enfants dont 2 filles. Ma mère est une couturière et mon papa est chauffeur (conducteur de taxi), je suis élève en classe de 5ème au Collège de GRAND-POPO au Bénin.

Avant ma participation à l’atelier de SAKARI KANNOSTO au mois de Décembre 2013 dernier, je collectais déjà les sachets plastiques que je stocke chez moi dans l’intention de les réutiliser comme l’a fait l’artiste finlandaise NANNA SUSI. En effet, NANNA SUSI étais en résidence à la villa karo en 2011 où elle a réalisé une œuvre artistique (la couture de pagne avec les sachets de ‘’pur water’’), dont la photo se trouve à la villa karo (voir photo). Elle a fait coudre le pagne par ma maman. L’œuvre était merveilleux. Ainsi, j’ai décidé moi aussi de ramasser les sachets plastiques pour  en faire pareil : En même temps que je rends mon environnement propre, j’ai également de la matière première pour de création artistique.

J’en ai parlé à des amis mais ils n’ont pas voulu faire comme moi. Même mes frères se moquent de moi du fait que je ramasse les sachets plastiques. J’ai réussi à ramasser trois sac de 50Kg donc un sac  été utilisé pendant l’atelier de Sakari. Ma maman avait brulé les deux autres sacs, ce qui n’est pas bien pour l’environnement: la fumée qui s’en dégage est toxique, donc dangereux pour la santé. Maintenant, nous avons appris qu’il y a quelqu’un qui vient périodiquement à Comé et rachète les sachets plastiques afin de les recycler en assiettes. Si c’est vrai alors, je vais gagner un peu argent en collectant les sachets qui salissent la ville de Grand-popo.

Déjà que je suis membre du Club-Enviro du CEG Grand-popo, je vais encourager mes amis car je pense que la meilleure manière d’éviter l’effet néfaste des sachets sur l’environnement serait de réduire leur utilisation. Précisément, je compte écrire une lettre à afficher un peu partout pour sensibiliser mes amis, puis mettre en place un système de sécurité environnementale pour punir tous ceux qui vont continuer à jeter les sachets plastiques un peu partout. C’est ça mon rêve !!!

Vu les expériences que j’ai vécu à travers le Projet-Enviro, je compte orienter mes études dans les domaines qui contribuent à la sauvegarde de la planète TERRE.

 

Nuori ympäristösankari JUDICAËL DEGUE!

Judicael2_web
Judicaël ympäristöhommissa

Nanna Suden ja Sakari Kannoston innostama grand-popolaisnuori Judicaël DEGUE haaveilee planeettamme Maan pelastamisesta. 

Nimeni on DEGUE Judicaël, olen 14- vuotias ja asun Grand-Popon keskustassa HOUNSOUKOUÈ-rannalla. Perheessä meitä on neljä lasta, joista kaksi tyttöä. Äitini on ompelija ja isäni kuljettaja (hän ajaa taksia), olen viidennellä luokalla Grand-Popon ylä-asteella Beninissä.

Ennen osallistumistani Sakari Kannoston työpajaan viime joulukuussa 2013, olin kerännyt muovipusseja, ja varastoinut niitä. Tarkoituksena oli hyödyntää niitä uudelleen, niin kuin olin nähnyt suomalaisen taiteiljia Nanna Suden tehneen. Hän oli Villa Karossa residenssissä vuonna 2011. Silloin hän teki teoksen, josta on kuva Villa Karon seinällä. Hän ompeli ‘’pure water’’-pusseista kankaan. Tämän kankaan hän ompelutti äidilläni. Teos oli aivan mahtava! Päätin itsekin alkaa kerätä pusseja, jotta voisin tehdä samanlaisen: samalla kun siivoan ympäristöä, saan materiaalia taiteen tekemiseen.

Kerroin tästä kavereillekin, mutta he eivät innostuneet asiasta. Veljetkin pilkkasivat minua muovipussien keräämisestä. Tänä aikana olen saanut kokoon kolme 50kilon säkkiä muovipusseja, joista yksi käytettiin Sakarin työpajassa. Äiti poltti kaksi muuta säkkiä, mikä ei ole hyväksi ympäristölle. Polttamisesta syntyy myös myrkyllistä savua, joka on vaarallista terveydelle. Olen kuullut, että Comén kaupungista joku käy hakemassa muovipusseja ja tekee niistä lautasia. Jos tämä pitää paikkansa, voin päästä tienaamaan vähän rahaakin sillä, että kerään pusseja Grand-Popoa likaamasta.

Nyt kuulun yläasteen Enviro-kerhoon ja kannustan kavereitani kunnostautumaan roska-asiassa. Paras tapa välttää pussien haittavaikutuksia, on vähentää niiden käyttöä. Jotta saisin ystäväni ymmärtämään tämän, aion kirjoittaa kirjeen levitettäväksi ympäriinsä ja sitten käynnistää ympäristöturvajärjestelmän, jolla voidaan rangaista niitä, jotka eivät lopeta muovipussien heittelemistä ympäriinsä. Se on unelmani !!!

Enviro-projektista saamieni kokemusten ansiosta, aion suuntautua opinnoissani aloille, joilla voin myötävaikuttaa planeettamme Maan pelastamiseen.

Haastattelijana: Blanchard DJOSSOU
Suomennos: Maikki Salmivaara

Vodoun – toute une vie

Texte: Victor Amoussou

Etant convaincu de la fragilité et du déséquilibre de leur civilisation, certains occidentaux partent inlassablement en croisade dans des pays exotiques. Ils explorent par exemple l’Afrique pour des réponses, mais ils y trouvent des manquements de vigueurs intellectuelles, parce que de base la vie quotidienne les ferme les yeux sur la civilisation profonde et hiérarchisée. L’erreur est faite depuis les premiers explorateurs: le fait de voir l’Afrique comme un continent à exploiter. Beaucoup des occidentaux ont toujours le but de profiter de l’étranger pour se modeler ou développer leur civilisation. Sans comprendre les langues et perceptions originales, ils regardent seulement la surface de cette culture: côté folklorique, esthétique, etc. Au lieu d’intégrer et valoriser la culture traditionnelle Africaine, ils se limitent à l’observer avec des perceptions occidentales.

Pendant des crises contemporaines mondiales, l’Afrique des traditions endogènes – exotériques et ésotériques – ont beaucoup à apporter à l’humanité. Parlons du cas de Vodoun dans la République du Benin. Le Vodoun signifie ce qui dépasse l’entendement humain. C’est la fusion des éléments fondamentaux de la nature, mais aussi un diminutif : l’ensemble des divinités ou esprits ajouté aux mânes des ancêtres qu’on appelle en Fon Vodun, Yèhwé ou Houn. Ils habitent des temples qu’on appelle Vodun ho, Yèhwé ho ou Houn ho. Ces temples sont dirigés par les prêtres, Vodunon, Yèhwénon ou Hounon.

Selon la dualité de toute chose crée ici-bas, la destinée spirituelle de l’humanité lui est voilée. Pour briser ce sceau, dans le culte Vodoun c’est le Fâ, une langue médiatrice entre les divinités et les humains. Le fâ est à la foi une science et une divinité présidant au destin de l’homme ; c’est un livre ouvert sur le passé, le présent et l’avenir, qui enseigne á l’homme ses liens profonds avec la nature. La planète sur laquelle nous vivons n’est qu’une fusion des quatre éléments de l’univers : le feu, l’air, l’eau et la terre. Pour parler des divinités, ils sont esprits de ces matières. On les trouve de différentes proportions dans toute espèce créés et chacun a son nom et signe dans le Fâ. La première fusion est appelée en Fon GBE, qui selon l’intonation signifie la vie, le monde ou la langue parlée. Donc les divinités parlent aux humains grâce à ces signes.

Le Fâ a en tout seize signes principaux qui symbolisent des dieux. Dans l’interprétation les combinaisons donnent des signes secondaires. Chaque signe a son sens mystique et ésotérique, ainsi que divinités qui les régissent et les gouvernent. Ils ont également leurs correspondances élémentaires : plantes, animaux, perles… qu’ils choisissent pour la composition cérémonielle et sacrificielle. On reçoit la condescendance et la clémence des dieux par les sacrifices. Le Fâ comme divinité est initiatique. Son prêtre, en fon Bokonon, est un sage de réflexions surnaturelles divinement inspiré. Chaque Vodoun est érigé sur un signe de Fâ. C’est pourquoi dans la tradition chaque prêtre doit avoir son Bokonon sauf si son kpôli (destin) lui permet de l’être. Tous les temples sont divers et uniques. Ils ne peuvent pas être généralisés.

La société Béninoise est profondément liée au Vodoun. Une preuve est que le Président porte serment aux noms des mânes des ancêtres. Vodoun est incontestablement une caractéristique spéciale, ressource du développement pour le Benin, si on l’observe du côté culturelle, politique, économique, écologique… Voilà pourquoi il faut lui donner le respect et la valeur qu’il mérite aussi en Occident. Il est temps par exemple de ne plus remplir les musées et galeries occidentaux avec « objets exotiques », mais les préserver dans leurs contextes originaux et essayer de les comprendre dans leurs propres termes, ni de rester dans la théorie occidentale. Expérience sans savoir est inutile et savoir sans expertise est folie.

Le Vodoun n’est pas uniquement une religion. C’est une science complexe de la perception de la vie et aussi un système morale et juridique, étant tout fortement lié à la langue. Par conséquent, il ne s’ouvre pas facilement aux visiteurs. De nos jours les maîtres de la tradition sont prêts à partager leurs connaissances pour l’évolution de l’humanité, les internationaux comme l’anthropologue et sociologue Honorat Aguessy, le professeur de Fâ David Koffi Aza, les pontifes du culte Vodoun et les couronnés officiels du Bénin. Profitons de leur savoir !

Lue teksti suomeksi Akpé-lehden numerosta 2/2014.

Confessions of an Anthropologist

Villa Karo’s intern in duty, Emmi, who is also an anthropologist, is reflecting ethics, understanding and responsibility in a foreign culture.

”No one will ever read it anyways. Those were the words that I kept repeating to myself every time I started to doubt my ethnographic skills during my fieldwork in Lagos, Nigeria. I wondered if I had understood my informants clearly enough. To make my life easier I lulled myself into believing that my informants in Nigeria will never read my master’s thesis. A funny thought, as I wrote the thesis in English in order to make it more available to everyone.

Finally I got myself to send my thesis about Nollywood, the Nigerian film industry, to the Lagosian university that helped me in my research. I was waiting for somebody to make remarks on the factual errors I had made in my deductions about the Nigerian society. However, nobody said anything. Maybe I had understood the culture ”correctly” or maybe I had emphasized strongly enough on the subjective quality of anthropological knowledge.

The actual traveling part aside, I dare to say that anthropologists in the early 20th century had it easier. Depending on the morale of the anthropologist, he or she could decide quite freely what to say about their research subjects. In most cases, describing the cultural differences was more important than to actually understand the cultural phenomena. The anthropologist was liable for the accuracy of his research to the Western audience, not to his research subjects – the ”natives” more than likely would not have been able to get a hold of the published research, let alone understand it.

I started to think about my experiences in the field while following the heated debate on the portrayal of West African vodun religion in Finland (and in the Western world in general). How does one portray one’s own experiences in an unfamiliar culture? I too signed the ”anthropologist’s ethical guidelines” on how to do ethnographic research while respecting one’s privacy and culture. Truthfully speaking I did not think too much about these guidelines – my informants were after all relatively accustomed to being in the spotlight! But the idea of ”no one will ever read it anyways” (my security blanket so to say) simply will not hold in the modern world.

Today everybody has, theoretically at least, access to published material on the internet. Even the research subjects, ”the natives”, can comment on the possible errors through social media. Researchers, artists, and other explorers need to think more carefully what and more importantly, how they portray their findings. The relationship between the researcher and the researched has become more equal. And rightly so!

After all this pondering, I decided to do something wild: you can download my thesis from the link below. Read it and feel free to comment! After all, that’s what anthropology is all about: cultural debate.

https://helda.helsinki.fi/handle/10138/135400