Akasia News

M ENVIRO, Oboubé Blanchard DJOSSOU

blanchard_web le 11 juin 1987 d’un père instituteur et d’une mère commerçante, Oboubé Blanchard DJOSSOU est un béninois. Ingénieur agro-nutritionniste et titulaire d’un maîtrise en sciences de la vie et de la terre(ès-sciences naturelles), il est actuellement le directeur exécutif de l’organisme « Valorisation Agricole – VA » et a coordonné le Projet Enviro de la villa karo en 2013-14 au Bénin.

À l’image d’un voyageur, il faut choisir dès le départ sa destination. Ainsi dès son bas âge, il a toujours eu l’envie d’embrasser la carrière de métiers qui participent à l’équilibre de la vie sur terre. Cette envie a pris source dans les problèmes de santé dont il a toujours été témoin dans sa communauté. Il s’agit dans la plus part des cas d’épidémies, de manque d’hygiène qui déciment des familles.

En outre, il a été membres de plusieurs organisations au nombre desquelles, on peut citer :

  • L’association « PETITS PRINCES » qui vient appuyer le Groupement d’Actions pour le Développement (G.A.D.) qui est une structure associative intervenant dans le développement de cette région à travers son Centre de nutrition, sa Ferme et son volet culturel de comédie musicale “Terre des rois, terre d’ébène : le Bénin”.
  • Le Club des conteurs de Possotomé, à travers lequel il a écrit le livre pour la jeunesse titré « ZINSOU ET SAGBO »
  • Le Club d’environnement de l’ong ECO-BENIN, pour la propreté de la ville de possotomé. Et l’animation des séances de sensibilisation des élèves du CEG de Possotomé et d’Akodeha sur la protection de l’environnement en milieu scolaire à travers les activités de l’Association VALORISATION AGRICOLE

Il a travaillé avec la sphère Jah qui s’investit dans une agriculture durable pour la sauvegarde de l’environnement. Son grand intervention ces trois dernières années pour l’environnement a été celle auprès des structures de gestion des déchets au Bénin telles que : DCAM-Bethesda à Cotonou, ENSAT à Tori, et les coopératives des maraîchers et producteurs de compost de Houéyiho dans le cadre du cours de Master sur ‘’Étude d’impact Environnemental’’.

Son amour pour la nature explique ces actions pour une agriculture biologique à travers la permaculture sur le site de l’association aux bonheurs de Dan à Gbovié.

Oboubé Blanchard DJOSSOU a grandit dans une famille nombreuse de sept enfants. Ayant un père enseignant il a eu la chance de vivre dans tous les départements de son pays le Bénin. Il peut parler donc la majorité des langues locales du pays à savoir MINA, XWLA, XWéLA, SAXWè, FON, GOUN, AîZO, ADJA…

Pour lui, le rapport NATURE/HOMME participe en majeur partie à la l’équilibre de notre existence.

Lisez plus ici  sur l’evolution du jardin et du compost du projet ENVIRO installés par Blanchard.

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Workshop / atelier compost

Le vodun et la gestion durable des ressources naturelles 

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Fishing in the sunrise at Ahémé lake / Peche sur le lac Ahémé au lever du soleil

Quelques interdits endogènes pour la gestion durable des ressources naturelles !

  1. Certains adeptes de vaudou ne mangent pas des races de poissons et de crustacés comme le silure noir (Clarias sp)
  2. L’interdiction de l’utilisation des filets à mailles fines “mandovi” et “Gbagba-Loulou”, l’enlèvement des barrages à nasses « xa » et des akadja du chenal Ahô, une auto surveillance de l’utilisation d’instruments prohibés
  3. A Akodéha, un village lacustre du lac Ahémé, il n’y a pas d’activités de pêches les dimanches : C’est une loi autour du vaudou Avlékété, une frayère qui constitue un lieu de reproduction des poissons et autres produits halieutiques.
  4. A Grand-popo, les pêcheurs ne vont pas en mer, ni sur le fleuve Mono à chaque veille du marché de Comé mais ici ces interdits sont contrôlés par le vodou MAMI WATA.

En conclusion nous constatons que les arbres qui ne doivent pas être utilisé par certains adeptes du vaudou au bénin, sont des arbres dont la régénérescence prend plusieurs années ou des arbres rares. C’est dans la logique de la protection de la biodiversité que certains interdits de la culture vodou ont été établis depuis des décennies. Par ailleurs, la suspension périodique des activités de pêche et de champ surtout à la veille de certain jour de marché suivant les localités est un moyen ancestral qui permet une gestion durable des ressources naturelles.

La perception traditionnelle des ressources lacustres et de leur gestion est fondée sur les coutumes des populations. Le non-respect des interdits et tabous serait la principale cause de la baisse de la productivité et des décès par noyade. Les fondements sociologiques et la vision endogène des ressources lacustres méritent d’être complétés par une gestion technique des aménagements piscicoles. Les modèles socioculturels de gestion développés par les Pédah, les Xwla et les Sahouè autour du lac Ahémé et du fleuve Mono s’inspirent des forces occultes des divinités Avlékété, Adikpo, Kpinsou, Dagbohonsou, Tohagogossou Kouffo-aho, Yètè, Gboclo, des croyances, rites et interdits.

Les gardiennes des zones humides

Les divinités des eaux sont les gardiennes des zones humides et de leurs riches diversités biologiques. Dan, Héviosso, Mami, Avlékété et Tohosou sont vénérés avec le respect des interdits liés à eux pour la préservation des ressources naturelles.

 Tohè

Sans doute parce que l’eau potable est source de vie, et que cette eau potable vient des eaux de surface. Le crapaud, respectueusement appelé tohè (oiseau d’eau) sert d’emblème à leurs fidèles. Animal sacré, il symbolise la fécondité, l’abondance et la présence permanente de l’eau. Il ne doit faire l’objet d’aucune maltraitance, surtout pas en présence des adeptes des tovudu auprès de qui, le cas échéant, le contrevenant doit alors s’acquitter d’un forte amende. Pour les écologistes des temps modernes, le crapaud est le bio-indicateur par excellence d’un environnement propre, diversifié et biologiquement équilibré. Il montre une grande capacité d’adaptation à son milieu. Les tovudusi, adeptes de ce culte, font dès lors figure d’éco-citoyens avant l’heure, affichant pour principe, entre autres, le strict respect de toute vie, animale, végétale ou humaine.

Hêbiosso

Laissez-moi vous présenter Hêbiosso, dieu du tonnerre, de la foudre et de la pluie, l’une des plus importantes divinités du panthéon vaudou de Grand-popo. Ce dieu du tonnerre et de la foudre est aussi celui qui tient le robinet de la pluviométrie et qui donc régule les rythmes agricoles. On doit lui faire des offrandes et des sacrifices lorsqu’un individu va pêcher dans une zone interdite de pêche par la divinité  Avlékété représenté par les Avlékété-tins dans le fleuve Mono à hauteur de la localité de Avlo.

Le Fétiche Avlékété (Appelé « Avlékété-Tins »  enclos entourant le vodou  Avlékété)

Comme le lac Ahémé, le fleuve Mono est une plan d’eau au bénin qui joue un rôle primordial dans le développement socio-économique du Bénin puisqu’il regorge une diversité d’espèces halieutiques (poissons, crabes, crevettes, etc.) exploitées par les populations du sud Bénin. Ce fleuve Mono traverse Grand-popo qui est aussi une ville côtière dominée par la pratique intense de la pêche à la fois fluviale et maritime.

La dégradation poussée de l’écosystème du fleuve Mono entraîne inexorablement la diminution de la production halieutique. Ainsi, des stratégies d’adaptation et de gestion du lac s’avèrent nécessaires pour un accroissement de la production halieutique. Les populations riveraines, à défaut de draguer le lac, adoptent la technique de trous à poissons. Par ailleurs, la sacralisation de certains endroits du lac avec le fétiche Avlékété (appelé « Avlékété-tins » : enclos entourant le Vodou  Avlékété) constitue une autre forme de gestion du fleuve. Cette pratique consiste à conserver la ressource halieutique pour une pêche durable. Ainsi personne n’a le droit d’aller pêcher à cet endroit qui en réalité présente des meilleures conditions écologiques où les poissons viennent se frayer pour la pérennisation des espèces.

Chaque année, des rites de sacrifices, de danses et de prières sont faits en l’honneur du fétiche Avlékété avec une interdiction d’une semaine de pêche dans tous les villages lacustres du lac Ahémé, suivis de la cérémonie d’Awilé dans les villages lacustres. Ce rite traditionnel permet la reconstitution écologique, un fait endogène à encourager dans le processus de conservation de la biodiversité halieutique pour une gestion durable des plans d’eau, sources de revenus des populations riveraines.

Cette méthode de conservation écologique endogène constitue aujourd’hui l’une des stratégies ancestrales efficaces, de développement de la pêche sur des plan d’eau au bénin; auquel s’ajoute la restauration des forêts de mangrove aux abords des lacs et fleuves pour une forte productivité.

L’hippopotame (Hyppotamus Amphibus) : Origine d’une pratique durable de pêche dans certaines zones humides au Bénin

Les mythes de la région vaudou donnent à l’hippopotame une image d’un géant destructeur mais aussi d’un grand sauveur et protecteur. La plupart de la population lacustre considère l’hippopotame comme un animal à protéger parce qu’il est soit un fétiche.

Communément appelé «Sinmègni» ou «Dègbo» ou encore «boeuf d’eau» dans le sud-bénin, l’hippopotame a une place importante dans les croyances des populations locales. Dans tous les villages riverains du fleuve Mono et du lac Ahémé, on parle de l’hippopotame avec amour et respect. L’hippopotame solitaire qui vit dans ces plan d’eau est considéré comme un fétiche et très vénéré par les populations.

Cet animal serait, selon elles, la seule chance qui leur permet encore de trouver quelques poissons. A Tohonou il existe un fétiche du nom de «Djègnon» dont l’animal serait l’esprit. Pour cela, cet hippopotame est très vénéré par la population. Selon le chef du village de Tohonou, la sacralisation de l’animal réside dans le fait qu’il réduit considérablement la prairie à Paspalum vaginatum du lac Toho. Dans ce village, l’envahissement de ce lac, il y a environ 25 ans, par cette graminée avait sérieusement limité les activités de pêche. Son broutage intensif par l’hippopotame immigré dans la localité a permis de récupérer une surface d’eau considérable et propice à la pêche. C’est pour cela que des cérémonies sont organisées chaque année à ce fétiche qui symbolise l’hippopotame pour les populations.

En reconnaissance à l’animal, les activités de pêche sont interdites sur le lac Toho et plus tard le lac Ahémé pendant la journée du dimanche. Le but de cette attitude étant d’assurer la quiétude de l’animal afin qu’il ne migre pas vers d’autres régions et de réguler l’exploitation des ressources halieutiques du lac. Ces interdits sont adoptés par la suite dans d’autres zones humides pour la gestion durable des plans d’eau. Nous pouvons tous les villages se trouvant le long du lac Ahémé et du fleuve Mono. C’est le Vodou Zangbéto qui veille au respect de ces interdits dans ces villages.

 Notons que c’est pourquoi les activités de cet hippopotame sont plus intenses le dimanche sur les berges du lac Toho où le tourisme de vision de l’animal n’a lieu d’ailleurs que ce jour.

Le Vaudou et les tortues marines à Grand-popo

Turtle babies in Grand--Popo / Des tortues bébés au Grand-Popo

Turtle babies in Grand–Popo / Des tortues bébés au Grand-Popo

Malgré que la viande de la tortue marine soit consommée et utilisée dans la médecine traditionnelle à Grand-popo, il existe des interdits et des considérations socioculturelles endogènes qui permettent la protection de l’animal dans la zone côtière et fluviale de Grand-popo.

39,55 % de la population ‘’popo’’ vénèrent les tortues marines. Les pêcheurs Adan (Ghanéens) auraient été sauvés par une tortue luth Dermochelys coriacea suite à un naufrage de leur barque. Ladite tortue aurait transporté les ancêtres sur sa dossière jusqu’à la plage. Chez ces ethnies les tortues marines sont marquées par un tabou et ne sont ni tuées, ni consommées. Ces populations offrent un culte aux tortues et procèdent à des rituels et des sacrifices lorsqu’une tortue s’empêtre accidentellement dans leurs filets et meurt. Pour les Adan et même certains togolais, la consommation de la viande de tortues marines apporte un malheur et ces peuples n’acceptent pas des compagnons qui mangent cette viande à bord de leur barque pour la pêche, histoire d’être victime d’un accident en mer ou d’une mauvaise pêche.

 D’autres pêcheurs originaires du Togo ont porté à notre connaissance une légende similaire selon laquelle les tortues marines constituent un dieu qui aurait orienté leurs ancêtres pêcheurs perdus en haute mer en période de brouillard et les ont guidés jusqu’à la côte. Ces actions généreuses des tortues marines ont amené ces diverses communautés à développer des totems pour ces espèces.

Sur le plan spirituel, les tortues marines représentent le fétiche (Gueinyêhoué ou fétiche des Guein) des adeptes (« Mamissi ») de « Mamiwata », la déesse de la mer. Selon les croyances de ces derniers, les tortues marines constituent un moyen de déplacement en mer. C’est dans ce même sens qu’un adepte du tonnerre dans le village de Gbècon, utilise les crânes des tortues marines pour constituer ses idoles qu’il attache à la hanche afin de jouir de la protection de ces animaux.

 

Tableau1 : Noms vernaculaires des tortues marines dans les deux principaux dialectes de Grand-popo.

Espèces de tortures marines Nom vernaculaire chez les ethnies
Mina Xlwa
Lepidochelys olivacea “Eklo” (Tortue à carapace) “Eklo” (Tortue à carapace)
Dermochelys coriacea Agbossêguê” (la plus géante) Ehou”
Texte par Blanchard Oboubé DJOSSOU. Personnes ressources : MONTCHO A. Damien, Pêcheur, Grand-Popo ; LIHOUNKOUNTO Ganhouégnon  Chef traditionnel, Kpomassè ; ADIGBLI Jérôme, Comité de pêche, Bopa ;  Bernard Capo- Chichi de l’UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (Les gardiennes des zones humides) Photos: Maikki Salmivaara
 

               

Evolution du compost et du jardin ENVIRO

Pour le projet ENVIRO un jardin et un compost ont été installés à Grand-Popo pour démonter l’utilité des déchets bio. Dans l’atelier bio du Week-end de l’artisanat et le recyclage ENVIRO en mai 2014 Blanchard Djossou a enseigné aux participants comment le compost fonctionne et comment on peut produire le compost liquide pour la fertilisation et la protection phytosanitaire  des plantes. Les particants ont emmené des potagers en sac à la maison.

 

ENVIRO- l’Ateliers d’art et du recyclage 10-9 mai 2014

 

Atelier de plastique 

Cet atelier a été organisé par Richard Dinosaure, Sylvie Hounnou et Ayaba. Les deux femmes ont entre temps été initié au tissage de tapis avec des sachets plastiques recyclés par artiste finnoise Johanna Havimäki. Richard avec ses expériences dans l’animation des ateliers liés au recyclage et à la fabrication des marionnettes a su donné une ambiance festive à l’évènement ! Ses vingt participants ont eu droit à des informations sur les dangers de l’utilisation des sachets plastiques sur l’environnement et sur le bien-être humaine. A en croire Richard, les sachets plastiques empêchent l’infiltration de l’eau dans le sol, ce qui favorise les problèmes d’inondation. De même, l’achat d’aliments chauds dans ces sachets plastiques cause plus tard des problèmes de cancers…  Au vu de tout cela, il faut agir !!! Et la meilleure solution est de réduire l’utilisation des sachets plastiques et de recycler ce qui existe déjà.

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Atelier de batik /pagne 

L’atelier de Batik/pagne a pour objectif principal la réalisation de sacs en tissu portant des slogans de la sauvegarde de l’environnement ! Il a été animé par Gabin Ayohuoannon qui a su fait comprendre aux participants les enjeux de l’abandon des sachets plastiques. Ces participants sont de différentes catégories d’âges : des adultes de 35 à 40 ans environs et des enfants de 10 à 16 ans ! Chaque participant a réalisé le batik d’un sac sur lequel on peut lire : je dois protéger mon environnement ! Je suis un éco-citoyen ! Protégeons notre milieu de vie !

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Atelier marionnette  

Dans cet atelier Adjanohun Loetami a expliqué aux participants enthousiastes les techniques pour avoir une marionnette à partir des objets récupérés. Aprés les marionnettes seront utilisées dans les séances éducatifs de club ENVIRO pour discuter sur les questions environnementales.

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Atelier bio / compost

Cet atelier a été animé par l’agro – nutritionniste et naturaliste Oboubé Blanchard DJOSSOU qui a su développé la notion de la permaculture intégrée à la protection de l’environnement. L’assistance est composée des membres de l’association AMAZONE et d’autres habitants agricoles ou non de Grand-popo. Des enseignements suivis des démonstrations pratiques sur  l’importance de la culture bio, sur la réalisation du compost solide et liquide de même que sur les modèles agricoles qui respectent l’environnement ont été dévéloppé.

L’expérience des cultures hors sol avec compost où un accent particulier a été mis sur la contribution des déchets ménagers au compostage.

L’atelier a été clôturé par un entretien sur les impacts environnementaux des pratiques agricoles conventionnelles. Chaque participant est rentré avec un potager en sac.

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Atelier forge

Dans l’Atelier Forge sous l’œil vigilante de l’organisateur Albert TOESSI les 22 participants ont été initiés à la fabrication de lampions de métal recyclé. La jeunesse ont été très inspirés par les possibilites de la production de lampion et certains entre eux rêvent de démarrer leur propre entreprise de forge.

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L’Atelier perle

Dans cet atelier Nomoda Djaba CEDI – un producteur de perles célèbre partout dans le monde – a expliqué comment les perles sont fabriquées à partir des verres cassés suivant la tradition Ghanéenne et  présenté des différents motifs de colliers. Les participants ont pu créer ses propres colliers utilisant les perles ghanéennes.

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Texte: Blanchard Djossou
Photos: Maikki Salmivaara
Video: Anniina Mustalahti

 

ENVIRO- exposition d’art et d’artisanat

 

VILLA KARO, LISSA GBASSA, mai 2014

“Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir.” écrivait en 1961 dans son dernier livre ‘’Les Damnés de la Terre’’, l’anticolonialiste martiniquais, Frantz Fanon.

En réalité, autour de nous, il existe d’innombrables défis que Dieu ne descendra jamais du ciel pour relever à notre place. Chacun doit donc identifier pour quelle action il devra s’engager en vue d’améliorer l’existence de ses concitoyens.

Le problème des déchets n’est pas juste un problème de Grand-Popo, c’est un probléme d’échelle mondiale. C’est un des problèmes de notre vie quotidienne pour lesquels s’était d’ailleurs engagé très tôt,  le journaliste-écrivain béninois, le 1er Maire de cette commune, le feu Eugène Codjo Kpadé. En témoigne, son ouvrage “La terre brûle”, paru aux Éd. du Flamboyant en 2001 et consacré à l’environnement.

Nous avons qu’une planète –la terre – et nous, les Êtres humaines en font partie. Mais en même temps, nous avons la capacité de detruire cette planéte et les autres especes, à la fois en détruisant la base de notre propre existance. L’être humaine a la capacité à penser et à faire des choix pour proteger l’environnement, et nous sommes responsables de faire des décisions durables, pour que nous ne detruîsons pas l’existance des autres especes et la base d’existance commune. Les solutions aux probleme des déchets sont : de moins consommer, de moins jeter, de plus collecter, et de plus rétutiliser les déchets.

Mais avant tout ca, on doit connaitre le problème et savoir comment agir. C’est là que le projet ENVIRO veut intervenir. Par les moyens de l’art et l’artisanat et le savoir-faire combiné –local, beninois, finlandais et ghaneen, nous voulons sensibiliser et inspirer la population ici à Grand-Popo à voir et à chercher des solutions aux problèmes environnants et des possibilites qu’offre la réutilisation pour le bien de notre sante et pour l’environnemment.

Dans cette exposition nous avons l’honneur de vous présenter des oeuvres des artistes et artisans suivantes qui traitent des questions environnementales dans leurs oeuvres ou travaillent avec les materiels recycles :

Gabin Ayohouannon, Florent Coovi Nagoba, Richard Dinosaure, Hedy, Johanna Havimäki, Adjanohun Loetamini, Sakari Kannosto et l’équipe de l’atelier de décembre, Matti Kurkela, Albert Toessi

 

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Matti Kurkela: Mami-Wata

Texte: Blanchard Djoussou et Maikki Salmivaara
Photos et video: Maikki Salmivaara

Le lancement du weekend de l’artisanat et de recyclage

Video du Lancement

Grand-Popo le 9 mai 2014

Vendredi 7h30, l’heure du démarrage de la cérémonie Mami dans le couvent de Madame Eugénie  Afi MENSANH à Kindjihoue. Avec un ciel nuageux, on pouvait lire dans les visages des adeptes une incertitude de la tenue du carnaval d’insalubrité qui doit planter le décor du lancement u week-end de l’artisanat et de recyclage qui aura lieu le même jour à 15h30 à la Villa Karo ! Malgré la pluie, la prière a été réalisé avec la bénédiction du vodun Mami qui insinue qui l’évènement sera une réussite.

9h00, il continue de pleuvoir. C’est aussi un signe de bénédiction disait la prêtresse de Mami.

9h30, les différents acteurs se retrouvent au Carrefour de grand-popo. Il s’agit des adeptes de Mami, l’artiste Richard Dinosaure et sa troupe, les conducteurs de taxi-moto qui seront rejoints plus tard par les artistes du Centre Académique.  Dans un mouvement festif accompagné du son de tam-tam, le tronçon carrefour-villa karo a été débarrassé d’une bonne partie des sachets plastiques qui le jonchent. Ensuite les participants ont été reçus à la villa karo pour un entretien avec le coordonnateur B.

16h 30, en présence de près d’une audience de 200 personnes de toutes catégories confondues, Georgette SINGBE prend la parole pour annoncer le programme du lancement.

Le Directeur de la villa karo en la personne de Kwassi Djidoula AKPLADOKOU présente ses mots de bienvenue à l’assistance. Dans ces propos il mettait l’accent sur l’aspect participatif de la gestion de l’environnement. Ce qui sera appuyé plus tard par la première autorité de la ville de Grand-popo qui a parlé longuement de l’expérience du Rwanda en matière de la gestion des déchets environnementaux.

Maikki Salmivaara, la coordonnatrice – FINLANDE a présenté la genèse du Projet Enviro et les objectifs poursuivis. Quant à Oboubé Blanchard DJOSSOU, le coordonnateur – BENIN du projet, il a rappelé l’objectif principal de la dite initiative tout en exposant les actions menées depuis près de huit mois.

Eco-Bénin, une des organisations non gouvernementales intervenantes sur les questions de la protection de l’environnement dans la commune de Grand-popo et représentant les organisations partenaires, à travers la voix de Mlle Inès KINTOKONOU, a démontré intérêt pour le projet Enviro.

Ces différentes interventions  ont été accompagné par deux animations musicales : la première par l’artiste Johnny ABOSTI qui dans sa prestation parlait de l’unité pour un développement durable de grand-popo. Il présente également une chanson spéciale qui recommande à tout citoyen de vivre écolo. Voici les mots de la chanson de Johnny ABOSTI :

Ecolo mentalité
Ecolo maturité
C’est mon rêve pour la cité
Qui voudrait bien y adherer
C’est mon rêve pour ma cité
Qui voudrait bien y participer
Ecolo ooo Envirooo
C’est un devoir pour nous parents
Pour le bonheur de nos enfants
Obligation pour nous parents
Pour le meilleur du continent
Nous devons changer de comportement
Pour le meilleur du continent
Je veux manger ecolo
Je veux boir ecolo
Sur la plage de grand popo
Je suis a l’aise avec ma go
Quand le ciel est vraiment beau
Tout en buvant des noix de coco
Ecoloooooo envirooooo
Ecolooooo enviroooooo
Ecolooooo envirooooooo

 

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Texte: Blanchard Djossou
Photo: Maikki Salmivaara

Week-end de l’artisanat et le recyclage

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Villa Karo, met en œuvre pendant neuf mois le projet dénommé « PROJET ENVIRO ». Celui-ci avait pour objectif de sensibiliser les populations sur les déchets environnementaux et de les inciter à rechercher des solutions au niveau local, notamment leur recyclage à travers l’art et l’artisanat.

Dans ce cadre, on a organisé du 09 au 11 Mai 2014 à la Villa Karo des ateliers d’éducations relatives à l’environnement (ERE) et de recyclage des déchets quotidiens. Ces trois jours d’exposition et d’ateliers ont été animés par les professionnels du domaine ; ils ont permis à la population de Grand-popo et de ses environs de prendre connaissance d’autres manières de gestion de leurs ordures quotidiennes afin d’éviter les effets de leur mauvaise gestion sur la santé humaine et sur l’environnement.

Vendredi le 9 mai le lancement desdits ateliers a été organisé. Le programme contenit : la cérémonie Mami avec la bénédiction du vodun, le carnaval des enfants, la seremonie de lancement, le vernissage de l’exposition, le cocktail/collation et clôture avec annonce du programme des activités des ateliers, soirée cinéma.

 

 

 

 

 

 

Sophie Hounnon et le tissage des tapis en plastique

Sophie enseigne le tissage aux participants de l’atelier plastique

Je m’appelle HOUNNOU Afi Sophie de nationalité Béninoise, née le 23 Mai 1978  à Lokossa. Je suis institutrice résident à Grand-popo.

Ma rencontre avec artiste finlandaise Johanna Havimäki au Centre Académique des Arts Africains et d ́Écoutes de Grand-Popo a  été une belle expérience. Très tôt dans mon enfance, j’ai toujours été intéressé par les métiers de l’artisanat. Ainsi, j’assistais une dame dans notre quartier qui tissait les chapeaux avec des cordes. Mais cela n’a pas plu à mes parents qui disaient que seule l’école formelle ou moderne peut garantir un avenir meilleur à leurs enfants.

Maintenant que je peux prendre moi-même des décisions, je n’ai pas hésité avant de partir pour la rencontre de Johanna. Alors tout de suite au premier geste de tissage, j’ai eu l’impression de faire quelque chose d’habituel. Johanna ne parlait que le finnois et l’anglais tandis que moi je n’ai aucune connaissance de ces langues. Mais, j’arrivais à cerner facilement son m’enseignait à propos du tissage de tapis avec des sachets recyclés malgré cette barrière linguistique.

Pour réaliser un tapis, il faut ramasser les sachets plastiques et les laver proprement avec de savon. Après qu’ils soient secs, je les découpe suivant la longueur possible et une largeur de 5cm. Ce qui sera utilisé pou le tissage.

J’ai demandé à Adja Loetami de me réaliser l’instrument comme celui que Johanna à fabriquer ici pour tisser. Maintenant que je fais le tissage chez moi à des heures où je ne suis pas au service, je me sens vraiment heureuse puisque cela participe d’une manière indirecte à la sauvegarde de l’environnement et nous ne devons pas oublier que la terre reste la seule richesse que nous laisserons à la génération qui nous succédera.

Ma participation aux activités du weekend de l’artisanat et du recyclage dans le cadre du projet enviro a été l’occasion de partager ce que j’ai appris de Johanna avec des enfants qui ont tout suivi avec fierté.

Texte: Blanchard Djoussou
Photo: Maikki Salmivaara

Jeune protecteur de l’environnement, JUDICAËL DEGUE

Judicaël en action environnementale

Judicaël en action environnementale

Inspiré par les artistes finlandaises Nanna Susi et Sakari Kannosto, le jeune grand-popolais Judicaël DEGUE rêve de sauver la planète Terre.

Texte: Blanchard DJOSSOU

Récit de Judicaël DEGUE transcrit par O. Blanchard DJOSSOU, Grand-popo MAI 2014

Je m’appelle DEGUE Judicaël, j’ai 14 ans et j’habite HOUNSOUKOUÈ-PLAGE dans l’arrondissement de Grand-popo Centre. Né dans une famille de 4 enfants dont 2 filles. Ma mère est une couturière et mon papa est chauffeur (conducteur de taxi), je suis élève en classe de 5ème au Collège de GRAND-POPO au Bénin.

Avant ma participation à l’atelier de SAKARI KANNOSTO au mois de Décembre 2013 dernier, je collectais déjà les sachets plastiques que je stocke chez moi dans l’intention de les réutiliser comme l’a fait l’artiste finlandaise NANNA SUSI. En effet, NANNA SUSI étais en résidence à la villa karo en 2011 où elle a réalisé une œuvre artistique (la couture de pagne avec les sachets de ‘’pur water’’), dont la photo se trouve à la villa karo (voir photo). Elle a fait coudre le pagne par ma maman. L’œuvre était merveilleux. Ainsi, j’ai décidé moi aussi de ramasser les sachets plastiques pour  en faire pareil : En même temps que je rends mon environnement propre, j’ai également de la matière première pour de création artistique.

J’en ai parlé à des amis mais ils n’ont pas voulu faire comme moi. Même mes frères se moquent de moi du fait que je ramasse les sachets plastiques. J’ai réussi à ramasser trois sac de 50Kg donc un sac  été utilisé pendant l’atelier de Sakari. Ma maman avait brulé les deux autres sacs, ce qui n’est pas bien pour l’environnement: la fumée qui s’en dégage est toxique, donc dangereux pour la santé. Maintenant, nous avons appris qu’il y a quelqu’un qui vient périodiquement à Comé et rachète les sachets plastiques afin de les recycler en assiettes. Si c’est vrai alors, je vais gagner un peu argent en collectant les sachets qui salissent la ville de Grand-popo.

Déjà que je suis membre du Club-Enviro du CEG Grand-popo, je vais encourager mes amis car je pense que la meilleure manière d’éviter l’effet néfaste des sachets sur l’environnement serait de réduire leur utilisation. Précisément, je compte écrire une lettre à afficher un peu partout pour sensibiliser mes amis, puis mettre en place un système de sécurité environnementale pour punir tous ceux qui vont continuer à jeter les sachets plastiques un peu partout. C’est ça mon rêve !!!

Vu les expériences que j’ai vécu à travers le Projet-Enviro, je compte orienter mes études dans les domaines qui contribuent à la sauvegarde de la planète TERRE.

 

Vodoun – toute une vie

Texte: Victor Amoussou

Etant convaincu de la fragilité et du déséquilibre de leur civilisation, certains occidentaux partent inlassablement en croisade dans des pays exotiques. Ils explorent par exemple l’Afrique pour des réponses, mais ils y trouvent des manquements de vigueurs intellectuelles, parce que de base la vie quotidienne les ferme les yeux sur la civilisation profonde et hiérarchisée. L’erreur est faite depuis les premiers explorateurs: le fait de voir l’Afrique comme un continent à exploiter. Beaucoup des occidentaux ont toujours le but de profiter de l’étranger pour se modeler ou développer leur civilisation. Sans comprendre les langues et perceptions originales, ils regardent seulement la surface de cette culture: côté folklorique, esthétique, etc. Au lieu d’intégrer et valoriser la culture traditionnelle Africaine, ils se limitent à l’observer avec des perceptions occidentales.

Pendant des crises contemporaines mondiales, l’Afrique des traditions endogènes – exotériques et ésotériques – ont beaucoup à apporter à l’humanité. Parlons du cas de Vodoun dans la République du Benin. Le Vodoun signifie ce qui dépasse l’entendement humain. C’est la fusion des éléments fondamentaux de la nature, mais aussi un diminutif : l’ensemble des divinités ou esprits ajouté aux mânes des ancêtres qu’on appelle en Fon Vodun, Yèhwé ou Houn. Ils habitent des temples qu’on appelle Vodun ho, Yèhwé ho ou Houn ho. Ces temples sont dirigés par les prêtres, Vodunon, Yèhwénon ou Hounon.

Selon la dualité de toute chose crée ici-bas, la destinée spirituelle de l’humanité lui est voilée. Pour briser ce sceau, dans le culte Vodoun c’est le Fâ, une langue médiatrice entre les divinités et les humains. Le fâ est à la foi une science et une divinité présidant au destin de l’homme ; c’est un livre ouvert sur le passé, le présent et l’avenir, qui enseigne á l’homme ses liens profonds avec la nature. La planète sur laquelle nous vivons n’est qu’une fusion des quatre éléments de l’univers : le feu, l’air, l’eau et la terre. Pour parler des divinités, ils sont esprits de ces matières. On les trouve de différentes proportions dans toute espèce créés et chacun a son nom et signe dans le Fâ. La première fusion est appelée en Fon GBE, qui selon l’intonation signifie la vie, le monde ou la langue parlée. Donc les divinités parlent aux humains grâce à ces signes.

Le Fâ a en tout seize signes principaux qui symbolisent des dieux. Dans l’interprétation les combinaisons donnent des signes secondaires. Chaque signe a son sens mystique et ésotérique, ainsi que divinités qui les régissent et les gouvernent. Ils ont également leurs correspondances élémentaires : plantes, animaux, perles… qu’ils choisissent pour la composition cérémonielle et sacrificielle. On reçoit la condescendance et la clémence des dieux par les sacrifices. Le Fâ comme divinité est initiatique. Son prêtre, en fon Bokonon, est un sage de réflexions surnaturelles divinement inspiré. Chaque Vodoun est érigé sur un signe de Fâ. C’est pourquoi dans la tradition chaque prêtre doit avoir son Bokonon sauf si son kpôli (destin) lui permet de l’être. Tous les temples sont divers et uniques. Ils ne peuvent pas être généralisés.

La société Béninoise est profondément liée au Vodoun. Une preuve est que le Président porte serment aux noms des mânes des ancêtres. Vodoun est incontestablement une caractéristique spéciale, ressource du développement pour le Benin, si on l’observe du côté culturelle, politique, économique, écologique… Voilà pourquoi il faut lui donner le respect et la valeur qu’il mérite aussi en Occident. Il est temps par exemple de ne plus remplir les musées et galeries occidentaux avec « objets exotiques », mais les préserver dans leurs contextes originaux et essayer de les comprendre dans leurs propres termes, ni de rester dans la théorie occidentale. Expérience sans savoir est inutile et savoir sans expertise est folie.

Le Vodoun n’est pas uniquement une religion. C’est une science complexe de la perception de la vie et aussi un système morale et juridique, étant tout fortement lié à la langue. Par conséquent, il ne s’ouvre pas facilement aux visiteurs. De nos jours les maîtres de la tradition sont prêts à partager leurs connaissances pour l’évolution de l’humanité, les internationaux comme l’anthropologue et sociologue Honorat Aguessy, le professeur de Fâ David Koffi Aza, les pontifes du culte Vodoun et les couronnés officiels du Bénin. Profitons de leur savoir !

Lue teksti suomeksi Akpé-lehden numerosta 2/2014.